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Historique

Toute l'Histoire de Nouakchott se puise à la source d'un puits qui lui a donné son nom et que les nomades fréquentaient pour s'abreuvoir ainsi que leurs cheptels. Elle remonte au début du XXème siècle et à la cadence des péripéties de l'histoire coloniale du pays. L'évocation du nom de "Nouakchott " remonte vers 1857 seulement. Mais dès 1903 l'administration coloniale y met en place d'un poste militaire. En 1956 le gouverneur A.J. Mouragues propose à la métropole d'y transférer l'Etat-major politique et administratif de la Mauritanie naissante, à l'époque administrée depuis Saint-Louis du Sénégal.

L'idée prend totalement corps lorsqu'en 1957, le choix stratégique se porte sur le site de Nouakchott en raison de son environnement accessible (double ouverture sur le littoral et le continent) et surtout du fait des ressources hydriques soupçonnées dans son sous-sol. De plus le climat y est moins rude grâce aux alizés marins qui adoucissent son climat le soir venu. Néanmoins, le choix stratégique de Nouakchott avait occulté de nombreux problèmes comme l'ensablement. La nouvelle capitale du pays émergeait des dunes et se terminait à l'Ouest par un cordon littoral fragile (l'Aftout-Es-Saheli) et une dépression salée ou sebkha. Outre ces contraintes climatiques et écologiques, la nouvelle ville devait également affronter la cruciale question de l'eau. Le problème de l'approvisionnement en eau se posait ainsi avec acuité. La nappe la plus proche devant approvisionner la ville se trouvait à plus de 80 Kms.

Nonobstant ces adversités du milieu, les autorités coloniales françaises et les organes représentatifs de la future Mauritanie indépendante envisagèrent la fondation d'une capitale et firent le choix du poste de Nouakchott, comme site devant abriter la capitale du jeune Etat dont l'indépendance semblait inexorable. C'est ainsi qu'il sera procédé à la pose symbolique de la première pierre de la future ville de Nouakchott, le 5 mars 1958.

Sortie des sables, Nouakchott la capitale, est dès l'accession du pays à la souveraineté internationale, le 28 novembre 1960, l'objet de programmes d'aménagement urbains. Des plans d'urbanisme sont échafaudés. Mais c'est finalement le programme d'aménagement proposé par Leconte qui sera retenu. Ce plan sépare la ville en deux entités: au sud- ouest, la ville nouvelle dénommée "Capitale" et au nord-est, les bâtiments originels devenus "le Ksar". Les deux pôles sont distants d'environ deux kilomètres. Un nouveau cadre est bâti. Il résulte de cette initiative publique de lotissement au sein de la ville nouvelle. Le nouveau statut de la ville comme capitale administrative et politique dicte alors la construction d'infrastructures publiques nouvelles (ministères, établissements publics, établissements scolaires, ambassades…).

Les bâtiments sont construits dans la précipitation. Le colon n'avait érigé aucune bâtisse dans la ville. En 1962, surgissent les premières infrastructures publiques. La ville émergeait du néant. On note que le plan urbain " ne pense aucunement la ville. Il crée la capitale pour asseoir les structures politiques et administratives, non pour accueillir une population nombreuse".

De simple bourgade, Nouakchott entame alors sa mue en une mégapole. De 600 habitants en 1958, elle en compte aujourd'hui plus de 700 milles. En quarante ans, la population de la nouvelle ville s'est multipliée1000. Parmi les raisons à cet éboulement démographique vers la nouvelle ville, l'exode rural survenu à la suite des grandes sécheresses des années 70. L'afflux massif des populations rurales met à mal son plan d'urbanisme. Toutes les projections sont faussées comme le relève en 1977 J.-R. Pitte. Dès lors, les autorités se trouvent dans l'incapacité de faire face à ce flux d'individus qui, faute de trouver des logements, érigent des tentes et autres baraques au sein et autour de capitale. L'anarchie a envahi la jeune ville perturbant son développement harmonieux. Les bidonvilles (appelés kébe) se multiplient. 40% des Nouakchottois résident dans les kébé affirme en 1983 O. d'Hont. Parallèlement s'érigeaient des habitations d'un haut standing. La ville de Nouakchott offrait aux visiteurs un visage à deux vitesses. La jeune ville se trouvait ainsi confrontée à une situation devenue presque inextricable : l'anarchie et le délabrement de sa périphérie en menaçaient la cohésion urbaine.

Depuis l'Indépendance donc, les autorités du pays sont confrontées au double dilemme de mieux organiser et réguler le développement de cette ville tentaculaire et en perpétuelle mutation.